dimanche 25 mai 2014


From Ipanemab




elle dit 
je peux elle vivre 
respirer danser chanter

manger pleurer crier rêver

elle dit je peux être aussi 
être gentille bien docile

je peux mourir aussi je peux je veux

avant le vide le silence et la neige

être photographe cleptomane acrobate

mythomane poète vidéaste amateur

capturant au matin des arbres des  
soleils et l’arc-en-ciel

gogo-danseuse cinéaste dresseuse de  
serpents traductrice d’allemand  
lectrice de Celan

mariée descendant l’escalier

de tes pensées nue elle dit

elle dit je peux aussi être là être la voix

de mon maître courir aussi je peux je veux

avant que mon cœur s’arrête

être pyromane bruitiste professionnelle

cartomancienne romancière belle lettriste

effaçant de la main le parti pris des choses

je veux vivre je peux respirer

te manger me laver rire penser

je peux rêver elle dit





elle dit je 
peux ouvrir fermer 
les yeuxplonger respirer me  
noyerelle dit je peux  
être moi aussi

discrète servile je peux

mourir aussi je peux je veux

après la pluie allumer réchauffer

ta pensée être un nu amateur

équilibriste amie aussi

sur ton cœur oui ne pas

te sauver la vie

libérer au matin

les arbres les soleils l’arc-en-ciel

lectrice de braille intermittente 
des sentiments correctrice arrimée 
à la langue des signes

elle dit tuer la langue en soi

la voix de son maître

vivre je peux elle dit

lire te lire rire pleurer

regarder dormir

ta peau tes rêves tes maux

je peux ouvrir

souffler ton cœur les braises

réchauffer étreindre

tes doutes sous mes doigts

l’espace que tu traverses parfois

entre les nuits d’un seul pas

sombrer ne pas

elle dit je peux

je peux vivre respirer danser
pleurer chanter rêver





elle dit parfois aussi

essayer de vivre

essayer elle dit 
vivre je peux oui

elle dit oui

je veux bien tu veux

dit tu veux bien toi aussi

elle te caresser oui

je peux essayer de te penser

sous la neige et les silences

d’argile être douce

la jeune fille en théorie

ou presque que tu

je il pratique elle dit

je veux oui j’ai dit

je peux vivre

respirer danser chanter

lire tes pensées

les poings liés

parler pleurer rêver

tu dis salut rien au revoir à bientôt

marcher tu peux aussi sous la pluie

la nuit le jour avancer
jouir sourire parler

de toi à moi figurer au présent

passer traverser la vie

comme sur perdre le fil

je peux rêver elle dit

te toucher

me lover rire penser

vivre je peux

arrêter je veux

oublier te penser

arrêter de parler

Katrine Dupérou

jeudi 15 mai 2014

Tournai, pluie soleil


Mon cœur battait jusqu'au jour 

d'hui vraiment normalement. L'écriture était 

cursive. La clôture était haute la tigresse était rouge 

de rage. La caserne se trouvait près de chez moi

Le cœur battait chaleureux. Le sang se trouvait

 dans les veines.



Ernst Herbeck, 100 poèmes, Harpo &

dimanche 27 avril 2014

Bruxelles, bois de La Cambre



Le vent se lève.

C’est beau et c’est vrai, c’est souvent lié hein ? la vérité et l’extase hein ? 
regardez-moi ces couleurs dégradées de tous les verts possibles, ils sont l’exacte
contrepartie optique de l’échelle de mes sentiments, ça monte et ça descend,
je suis émotif vous allez me dire mais il y a de quoi quand on est chez soi dans
la Vérité, home sweet home, je comprends les gens qui font des monuments à
des idées, Alléluia gravé sur obélisque de 20 mètres, Tout Va Bien en lettres
blanches sur la colline, comme au cinéma, j’aurais dû être artiste.
Pause.


Olivier Cadiot

jeudi 10 avril 2014


My Bruxelles



j’efface avec volupté
 l’œil qui a déjà vu

les lèvres qui ont déjà 
embrassé

et le cerveau qui a déjà pensé
 telles des  
allumettes

qui ne servent 
qu’une seule fois
Tout doit être  
 réinventé



Ghérasim Luca, L’inventeur de l’amour 

jeudi 3 avril 2014

Brussel Mine




On sait qu’une vie 

tient 

à peu

mais on  tient

 dans ce  peu,


entier


Antoine Emaz

mardi 1 avril 2014



My Legend(i)ary
 
 
 le détail, non le mirage
 
de voir, de penser avec les choses 
 
telles qu’elles existent
 
et de les diriger au long d’une 
 
ligne de  mélodie
 
 
 
Louis Zukofsky 
 

mercredi 26 mars 2014


Pau, porte de l'Espagne


Les arts et les lettres ne se conçoivent,
ne naissent et ne vivent que 
grâce à l'illusion de la  
communication et de la
sympathie. Cela n'est (cette illusion (ce
lys)) qu'une végétation 
 et floraison,
concevable seulement dans la paix 
(cf. Lucrèce, cinquième chant)

La sympathie et la communication
ne se "trouvent" que dans 
l'amour et 
dans la fête, dans le ravissement
dans l'illusion même 
qui permettent à la vie
de continuer (coït).


Francis Ponge, Nioque de l'Avant-Printemps