lundi 23 décembre 2013

Jean Eustache, 1966

Il aimerait 

s'acheter un duffle-coat 

pour être à la mode 

et séduire 

les filles

mercredi 18 décembre 2013

D.R



Les quelques trésors

qui remontent encore à l’enfance

ça brûle
ça bouge 

ça prend forme



 Unica Zürn, Sombre printemps

mardi 17 décembre 2013

rue des Chats-Bossus, Lille



Elle dit je peux oui
essayer de danser malgré
et l'automne déjà mort

Elle dit danser tourner
faire valser rose poussière
l'hiver et ses déserts

Around and around
malgré le vide le silence
faire valser et la neige 

te regarder tourner et
les cygnes viendront bientôt
manger une à une les étoiles


Katrine Dupérou


jeudi 12 décembre 2013

mardi 10 décembre 2013

Wim Wenders Les Ailes du désir

Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants,
Il voulait que le ruisseau soit rivière
Et la rivière, fleuve,
Que cette flaque soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant,
Tout pour lui avait une âme
Et toutes les âmes étaient une.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il n’avait d’opinion sur rien,
Il n’avait pas d’habitude
Il s’asseyait souvent en tailleur,
Démarrait en courant,
Avait une mèche rebelle,
Et ne faisait pas de mimes quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi … pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?
Ce que je vois, entend et sens, n’est-ce pas…simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe t-il vraiment avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant de le devenir je ne l’étais pas, et qu’un jour moi… qui suis moi, je ne serais plus ce moi que je suis ?

Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.

Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.
Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours. “

PETER HANDKE

jeudi 5 décembre 2013



Sujets de poésies : La capitale. La puéraire. 
La bardane d'eau. 
Le poulain. La grêle. Le bambou nain. 
La violette à feuilles rondes. 
Le lycopode. L'avoine d'eau. La sarcelle. Le canard mandarin. 
Les massettes poussées ça et là, en automne
Le gazon. La liane verte. 
Le poirier. Le jujubier. Le "visage du Matin"."

Sei Shônagon, Notes de chevet

mercredi 4 décembre 2013

 

Je ne veux qu'un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît - celui qui m'aime -
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l'avenir inscrit dans le présent.
Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence ;
car en lui seul on peut voir comme en moi
S'attarder tigre et gazelle à la fois.


Attila József 11.04.1905 - 03.12.1937